En finir avec le déni
Gaza, procès en antisémitisme, suprémacisme, chaos climatique, finance prédatrice, masculinité toxique… Autant de conséquences et de manifestations d’une seule et même stratégie de domination (qui est aussi un mécanisme de défense) : le déni pervers. Ses cibles : l’intelligence réflexive des minorités ; le savoir objectif. Ses ingrédients : victimisation, disqualification. La suite du travail entamé par Marc Joly dans La Pensée perverse au pouvoir.
Ce mot, déni, symbolise tout le paradoxe des controverses qui s’enchaînent à un rythme affolant. Déni de réalité, déni de démocratie, déni de justice : les un·es et les autres s’accusent symétriquement des mêmes carences, et dans les mêmes termes. Or, à l’analyse, il est des usages vraiment raccordés à des valeurs d’égalité et de réflexivité, et d’autres purement manipulatoires.
Marc Joly et Christian Savestre vont plus loin et montrent qu’un certain type de déni, le déni pervers, prévaut dans les classes dirigeantes, comme l’illustre le cas de la macronie. Le tour de force des auteurs est de remonter au déni originaire de cette entreprise politique : les activités d’Emmanuel Macron lorsqu’il était banquier d’affaires.
Enquête mais aussi plaidoyer pour le savoir et les outils de distanciation et d’objectivation qu’offrent les sciences sociales, ce livre clôt une entreprise de chronique sociologique des « années Macron » entamée avec la publication en 2024 de La Pensée perverse au pouvoir.
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